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Multiplast : « On construit les bateaux les plus rapides de la course au large »

Ils font le territoire
12/07/2019
MP
Acteur historique de la construction navale sur le territoire, Multiplast est le spécialiste des matériaux composites. Né de l’initiative de l’architecte naval Gilles Ollier en 1981, le chantier de production a grandi et s’est diversifié pour évoluer aujourd’hui dans l’aéronautique, le spatial et toujours la construction de navires de compétition en carbone. Une sucess story qui s’écrit encore, comme l’explique Yann Penfornis, directeur de Multiplast.

Vous avez réalisé les dômes de l’église orthodoxe de Paris, des simulateurs de vol pour Thalès ou encore le dernier trimaran Sodebo Ultim 3… Quelle est la part du nautisme dans votre activité ?

Elle est aujourd’hui de 50% : plus de 35 ans après la création de Multiplast, nous réalisons toujours les bateaux les plus rapides de la course au large. Mais notre diversification a démarré très tôt, d’abord en construisant des bateaux pour d’autres architectes navals, puis en allant vers d’autres modèles que les multicoques, comme avec la Coupe de l’America dans les années 1990. On s’est associé avec une entreprise suisse pour créer le groupe Carboman en 2013, et on continue de grandir. Aujourd’hui, on fabrique des radars, des avions, des entrées d’air, des simulateurs, des foils, des bateaux…

Pourquoi cette diversification ?

On ne peut pas dépendre uniquement de la course au large qui est une activité cyclique, avec une grande course tous les quatre ans. Mais la course au large nous a fait évoluer sur certains aspects : innovation, agilité, avec une remise en question systématique. Le secteur industriel, qui évolue sur un autre rythme, nous apporte la stabilité et la certification. C’est la combinaison des deux qui porte notre croissance.

Quelle est la spécificité de Multiplast ?

Nous disposons d’un savoir-faire dans la mise en œuvre des matériaux composite, que nous avons développé avec la réalisation des multicoques. Nous manipulions le carbone avant les avionneurs ! Notre particularité tient aussi dans notre équipement : des grands fours pour réaliser de grandes pièces, jusqu’à 40 mètres en un seul bloc. Nous venons d’ailleurs de fabriquer le fuselage en deux parties du premier avion électrique civil pour une compagnie israélienne.

Le chantier est à Vannes depuis 1984, et vient encore d’être agrandi. Pourquoi Vannes et pourquoi y rester quand on travaille comme vous à l’international ?

Il fallait un chantier au bord de l’eau pour assembler les multicoques et les mettre à l’eau alors que les coques étaient initialement fabriquées à Carquefou. La ville de Vannes a proposé à Gilles Ollier en 1984 d’acquérir un terrain dans ce qui allait devenir le Parc du Golfe, où 35 ans plus tard nous nous trouvons toujours. Nous y trouvons tout ce qui est nécessaire : une exceptionnelle qualité de vie, des ressources, un accompagnement. Quand on a eu besoin de s’étendre, nous avons parfaitement collaboré avec l’agglomération et la ville. Et sur place, le nautisme bénéficie d’un véritable cluster : le leader mondial de la fabrication de voiles, Northsails, des architectes navals parmi les meilleurs du monde… Sans compter que le territoire est très attractif : nous recrutons très facilement de beaux profils qui s’enracinent dans la région.